De nouveau , la couleur permet de rêver

Posté par Joey le 10 mars 2011

« La couleur permet de rêver. »
 Peut-être que vous m’apprécierez, je n’aime jamais que ceux qui me détestent. Les laids, les laids, les laids m’attirent, ils me font sentir ce que je ne ressens jamais, les gens violents, les casseurs, les chasseurs, les antihéros, tout ce qui frappe, attaque, insulte est le bienvenu. Dans ma maison vide, je pense et je pense à ma vie, à ce que je ne ferai jamais, et je ne fais jamais rien d’autre. Les visites me laissent froid, car mes parents se terrent en entrant, font semblant de s’approcher, mais je le vois bien que je leur répugne, leur présence n’est que superficielle, et je n’aime pas les gens qui se forcent. Qu’est-ce que cette échappée rocambolesque, me disent-ils en silence ! Mais je ne réponds pas, je rêve de celui qui me fera sentir la vie. Ils n’ont pas de visage, pas d’odeur, pas de voix, mais je sais qui ils sont, ce qu’ils disent. Ce n’est que dans les rêves que je peux voir ce qu’ils sont à mêmes de déclarer. Des lavandières savantes délient leurs colis mortifères sur la route de Jérusalem, et fréquemment je délire. Enfin ce que je n’ose pas faire, ils le font dans ces demi-sommeils où j’engloutis toutes les visions d’une existence. Aveugle, sourd et muet, je ne m’affiche que chez les morts : la couleur permet de rêver, certes, mais ne sont-ce pas les rêves qui permettent la couleur ?

J&A

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Quand je tournais le doigt …

Posté par Joey le 10 mars 2011

« Quand je tournais le doigt, un bulbe fluorescent en sortait. »
Et pourtant jamais je n’ai aimé le chocolat. « Une merveille, ce Puyricard, mais fermez-la mon vieux. » Qu’importe, revenons à mon doigt. Marron, comme si d’un coup, sous l’effet d’un stupéfiant quelconque, je me fus tourné en nègre, il trempait dans le chocolat. Mais vous avez besoin d’en savoir plus, toujours plus, vous êtes insatiable. Allons, j’eus cette… illumination, ce fut splendide, une soucoupe, comme une tasse mais à l’envers, un de ces vaisseaux martiens, descendit dans mon bol, chocolat, et alluma sur mon doigt une bulle, un bulbe luminescent.
Non, je vais tout dire. Je n’ai jamais aimé le chocolat. Mais là, allez savoir pourquoi, un matin, je décidai d’aimer et me servit à la machine un verre en plastique empli de Nesquik, que je commençais à boire. Oh, oui, le verre était brûlant et je dus le poser. C’est alors, après avoir lapé quelques gorgées, avec goût étonnamment, que je me rappelais être allergique au chocolat. Des cloques phosphorescentes parurent soudainement sur la peau de mes doigts, lorsque je les agitai, et ma gorge me brûla d’un coup, comme si j’avais bu du plomb en fusion… Et mes doigts, attaqués par le chocolat, brillaient, brillaient, explosèrent !
Bien sûr que non. Je n’ai jamais aimé le chocolat. Un jour, le chocolat décida de m’aimer, et je sentis du jour au lendemain une transformation intense se faire dans ma vie. Je ne vis plus que du chocolat, partout, tout le temps, des affiches, des publicités, des odeurs, des saveurs : l’on incrustait du chocolat partout et lui me pénétrait en force. Le chocolat, cette chose immonde, envahissait les rues et les cafés, les bordels et les cinémas. Vint même un jour où il m’envahit moi. D’un toit tomba, alors que je marchais insouciant, une goutte qui vint s’écraser sur mon doigt. Chocolat blanc qui avait mal tourné. Une bulle jaunâtre, phosphorescente, qui m’apparut alors que je tournais l’index, soucieux de la contempler.
Bien sûr que non, allons, la vérité à présent. Je n’ai jamais aimé le chocolat. Hier matin, je marche, tranquille, je vais à l’école, et cette mendiante m’accoste. « Vous auriez du chocolat ? ». Naturellement, je sors celui qui traînait dans ma poche, et je le lui donne. Le prenant avec un sourire entendu, elle me remercie et je passe mon chemin, ragaillardi. Mais en arrivant, je me souviens avoir besoin du chocolat pour l’école (TP de physique végétative). Je cours en sens inverse, à la poursuite du temps perdu. Lorsque je la retrouve, elle s’apprête à boire dans mon bol. Je lui explique l’affaire, mais elle, qui était en fait une sorcière déguisée, me répond que je ne pourrais récupérer mon bol que si je me condamne à porter un bulbe sur l’index gauche, pendant la journée. L’école étant l’école, vous connaissez la suite…
Bien sûr que non. J’adore le chocolat. Assis à ma table, je savoure tranquillement la mixture chaude qui s’est glissée dans mon bol… amour délicieux du liquide. Autour de moi, personne, pourquoi parler ? Mon doigt caresse le bol brûlant, sans s’effaroucher. Le silence est fort doux, mais hélas monotone. Je m’ennuie, seul devant mon breuvage, qui ne tient guère compagnie. Est-ce pourquoi je pense à ces merdes ?

J&A

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Que fait cette vache sur ce piano ?

Posté par Joey le 10 mars 2011

Que fait cette vache sur ce piano ? Un air de Rossini, décadent et sublime, environne la pièce saturée d’une odeur bucolique. Mais la vache, grossière, ne veut rien entendre et refuse de laisser l’instrument s’exprimer. Des accords, des arpèges, la ferme, dit-elle. Elle pense à son taureau, à son champ. Elle regrette son pré et les cochons ses amis, l’envie lui prend par instants de retourner brouter les verts pâturages, qui sont avec le labourage les deux mamelles de la France, et qui ne la laissent pas indifférente. C’est que la vache est lesbienne. Mais le pianiste, las de la traire en substance, boit pour oublier. La musique c’est comme le lait… Mais pourquoi faut-il encore s’acharner sur un morceau perdu ? La partition est sale, la vache l’a déchirée. Il regarde autour de lui, personne, puis d’un coup prend son grand fusil de chasse et tire sur la vache. Do majeur, si, fa, sol dièse. En cinq coups de feu la vache expire. Ré mineur, decrescendo et silence. Las applaudissements éclatent à la fin du récital. Mais dans le pré voisin, le taureau ne voit pas le temps passer, la musique, c’est comme le lait… cela l’écœure un peu.

J&A

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La couleur fait rêver …

Posté par Amadeus le 9 mars 2011

Je vous le dis , la couleur fait rêver .
En face de vous un plateau de denrées colorées , des fruits je crois .
Ce sont des couleurs gaies , une petite farandole de joie , use vision de rêve . Un certain équilibre a été conservé , une symétrie  , il ne faudrait pas que les fruits s’envolent car le nihilisme est le mal et nous ne cherchons pas ce qui peut nous nuire , que l’égoïsme nous protège !
Mais non , cela ne nous fait pas réagir , la gastronomie est trop concrète pour s’associer au songe , nous restons les pieds sur terre , nos ailes refusent de s’ouvrir .

Désormais vous êtes ailleurs , la pluie cesse de marteler le pare-brise qui vous surplombe et en face de vous c’est un arc-en-ciel qui commence à apparaitre . Cette fois-ci votre imagination est plus prompte a réagir . Non , ce n’est pas un rêve mais un mythe qui vous vient a l’esprit ; le fameux chaudron d’or au pied du … Vous divaguez … Mais une fois de plus vous ne rêvez point , ce ne sont que de vulgaires fantasmes d’un autre temps , des idées reculés et toutes faites …
La troisième sera-t-elle la bonne ? 

Autour de vous c’est le noir , vous ouvrez les yeux , non , vous ne les ouvrez pas car vous ne le pouvez pas ; vous êtes aveugle .  
La seule couleur – est-ce une couleur ? – qui subsiste est le noir , partout , toujours le me motif .
Non , vous n’êtes pas né ainsi , des souvenirs épars parsèment votre esprit et vous le rappellent ; une voiture , un moment d’inattention , un verre de trop  et vous prenez votre envol …
Toujours tel quel , vous êtes dans la rue , vous avez raté l’intersection et la fatigue vous prend à bras le corps vous soulève et vous jette plus loin comme le vulgaire détritus que vous espérez ne pas être . Vous n’avez plus la force de demander pour la énième fois votre chemin a un passant , petite plèbe , petit peuple . Et alors contre toute attente , vous laissez votre séant reposer sur le bitume . Le sommeil vous happe et cette fois-ci c’est la bonne . Vous êtes vôtre propre démiurge , vous ne voyez rien mais les odeurs , oui les odeurs , des couleurs que vous aimeriez tant voir vous assaillent les narines , vous les imaginez , elles prennent forme et de multiples représentations vous viennent a l’esprit ; oh !  Du rouge ! Et cela ? Serait-ce du ? Oui c’est cela du bleu ! 

Des contrastes et des illusions …
Senteurs d’antan …
Va donc eh ! Matamore !
La couleur fait rêver .

J&A

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Un suçon poursuit la quête du marin …

Posté par Amadeus le 9 mars 2011

 » Un suçon poursuit la quête du marin  » C’est ce qu’elle m’avait dit la dernière fois que j’avais été chez elle . Elle m’avait souvent fait des remarques sur mon ardeur quand nous étions ensembles au lit . Il est vrai que je m’emportais très souvent et qu’au-delà d’un certain point je n’avais plus aucun contrôle de moi-même . 
A lire cela semble normal , il est dit que c’est un phénomène naturel ,  la testorérone vous envahit et ainsi vos sens en sont tout bouleversés , mais dans mon cas , c’est maladif . Avec chacunes de mes maîtresses , ça avait toujours été la même rengaine , elle commencaient par me reprocher les suçons qui parsemaient leur corps puis elles finissaient par ne plus pouvoir tenir face au monstre affamé que j’étais et elles s’enfuyaient . Il y a quelque mois de cela , j’avais vu un médecin qui m’avait dit  que ma production d’hormones étaient remarquablement élevée et qu’en dépit du progrès de la science il ne pouvait rien y faire sans qu’il y ait de risques importants .
Heureusement , je peux me permettre de relativiser , je n’avais encore jamais été excessivement violent , non ,  j’étais agressif mais je ne faisais pas mal , j’avais juste pour habitude faire ces suçons et lors de la pénétration  j’allais assez en profondeur comme si je creusais à la recherche d’un quelquoncque trésor , d’où l’appelation de « quête du marin » . De plus je pouvais même m’estimer heureux , je conservais tout le temps des souvenirs très précis de mes ébats . Je perdais contrôle mais pas conscience .

Mon pénis est en érection , je m’apprête à la pénétrer , cela fait trois semaines que nous sommes ensemble . Un record . Elle descend ses hanches , et commence à m’imposer son rythme , je la laisse faire . Elle-même avait toujours aimé dominer les hommes , je crois que c’est pour cela que je lui plais . Les hommes sauvages ça l’excite . 
Ça y est , ça commence , le sang me monte aux joues ,  j’ai le front qui chauffe , les rennes me glissent des mains , le cheval s’emballe et part au galop . C’est une course effrénée ,  l’adversaire est coriace , trois semaines c’est long . Mais une fois n’est pas coutume , après quelques heures , l’étalon , infatiguable , domine celle qui s’oppose à lui . 
Maintenant c’est moi qui lui donne des ordres , son corps chaud me parait fragile comme du verre , entre mes mains , elle pulse au rythme de son coeur . Elle pousse des soupirs de plaisir , j’accélere la cadence , elle commence à trembler , à hurler de bonheur . Je n’en puis plus . 
Je libère ma semence . 

Je rouvre les yeux . Je suis dans la cuisine . Je n’ai pas souvenir d’y être descendu . 
Elle est entre mes jambes , elle a les yeux qui brillent d’un éclat nouveau , je regarde autour de moi , la pièce est ravagée , des ustensiles aux formes pour le moins étrange trainent ça et là , tout à l’air d’avoir changé . En si peu de temps c’est … . Au-dehors il fait jour , l’horloge sonne quinze heures . Au moment où j’avais commencé mes activités nocturnes il devait être aux alentours de minuit . Cela fait donc  plus d’une demi-journée que nous sommes ensembles ? Elle me fixe , interloquée par mon interrogation .

Une voix d’enfant , dans un landeau près de moi , un enfant qui s’égosille , instinctivement , je comprends ; c’est le mien . Je prends ma tête entre mes deux mains , un rire puissant s’échappe de mon gosier , c’est drôle comme le temps passe vite …

J&A

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Je rêve d’un monde sans pandas …

Posté par Amadeus le 9 mars 2011

Je rêve d’un monde sans pandas  . Oui , oui , mon ennui est tel que je rêve d’un monde sans pandas , cette attente … Dieu que c’est dur . Elle est là devant moi , elle parle , elle parle , je ne l’écoute plus , non , plutôt , je rêve . A quoi ? A rien … je rêve de m’échapper de cet étau qui me serre , l’absence de motivation me fait écrire des récits inutiles sur mon agenda . Je divague , je me perds , des pandas volent autour de moi .
Au tableau des schémas , des dessins , incomphrénsibles , cela fait longtemps que je ne l’écoute plus . De toute façon , le livre sera là pour m’épauler . De nouveau le tableau , mon voisin aussi s’ennuie , il parle de systèmes solaires , de planètes et autres farfeluteries … Il n’en peut plus , il se met à dessiner sur la table . 
Cette fois-ci , je ne puis attendre plus longtemps ; ma trousse , un stylo , je lui enlève son capuchon , je m’assassine . Le sang coule doucement le long du trou béant que je viens d’ouvrir , le bruit écourant produit par la succion de mon sang sur la plaie me révulse , mais qu’à cela ne tienne , ma mort est proche . 
Je m’effrondre de mon tabouret , je lève la tête vers mon voisin , je le regarde . Que fait-il ? Rien . Il est devenu panda et dans sa main une feuille de bambou , il la tend vers sa bouche et , me regardant droit dans les yeux ,  il se met à la mâcher .

J&A

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