Après un hoquet glacial …

Posté par Amadeus le 9 mars 2011

 Après un hoquet glacial , rien ne vaut une chaude engeulade . En effet , ils avaient toujours eu des rapports tendus , l’un vociférait , l’autre se soumettait . Or , comme chacun sait , l’hydre à la mauvais habitude d’exhorter des intempéries à travers son gosier pour exprimer sa colère ou sa peur . Il coule de cela que ce matin même sa compagne venait de subir un écart de température pour le moins marquant . 
Moi , assis sur mon nuage , j’ai trouvé ce passe-temps fort amusant ; ils sont là , tous les deux , un amas confus de têtes , elle se gonfle , elle se jette sur son homme, elle le lacère de tout parts . D’hydre soumise , elle est passée à une mante affamée . C’est plutôt joyeux comme ébat , le mâle essaye , en vain , de lutter , il se fait arracher la carrotide , c’est rouge de partout , c’est une rivière qui se forme , un torrent chaud , ça bouillonne , ça s’ingurgite et ça se régurgite … des bulles sombres éclatent à la surface  .
 Ce spectacle me fait rire aux éclats , je n’arrive plus à respirer , je me plie en deux , j’étouffe . Je commence à tomber , j’essaye  ,tant bien qui mal , de déployer mes ailes , mais je suis trop lourd , au moment même où j’entre en contact avec la rivière de sang mon corps produit un sifflement aigu , perçant . 
La chaleur est telle qu’il se vaporise instantanément .

Là , assis sur mont lit , je referme mon livre , le sommeil m’appelle .

J&A

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Le succès est un passe-temps …

Posté par Amadeus le 9 mars 2011

Le succès est un passe-temps . Je suis impassible , neutre , la foule m’entoure , me pousse dans un sens puis dans l’autre, elle me bouscule , elle essaye de me déstabiliser , de me happer son monde , êtres inférieurs que vous êtes , je vous ignore  . Je gonfle mon buste , je garde le dos droit , je lève mon menton , j’ai fier allure , je suis beau .
 
Ignore les , ce ne sont que des parasites , pour toi , le succès est un passe-temps . Toi , tu peut tout avoir , il te suffit de tendre la main pour attraper tout ce que tu veux , tu est partout à la fois , rien ne peux t’arrêter . Toujours  , tu continues ton chemin , et désormais tu n’accordes même plus un regard au peuple qui t’entoure , non , ils ne méritent pas que ton auguste regard ait la chance de se poser sur eux , ce serait bien trop d’honneur … Oui , bien trop d’honneur . Pourtant , il y en a pour tout les goûts ; des grands , des petits , noirs , blancs , jaune … Une feu-d’artifice de couleurs , de formes et de pensées … Mais toi , tu es fier . Comme dis tu , le succès n’est qu’un passe-temps , tu n’as que faire de ces plaisirs inutiles . Pour toi , le bonheur qu’est-ce donc ? Sûrement quelquechose de plus subtil , de lèger , comme une brise ou un souffle qui vous caresse la peau et que ne laisse nulle trace sur son passage .

Je continue encore et encore mon chemin , toujours tout droit , aucune alltération ou dérivation n’arrivera à m’interrompre , je me trouve face à un obstacle , je l’abat , serait-il trop gros , je l’escalade , serait-il trop haut , je ne manquerais toujours pas de le gravir . J’ai tout le temps devant moi , le temps , c’est Moi . Le monde c’est Moi, tout est Moi . Vous , vulgaires cloportes qui m’entourez vous formez aussi mon Moi , vous m’êtes soumis , vous n’êtes qu’illusions , vulgaires pécadilles , poussières ou grains de sable dans mon univers .

Qu’il est fier , du haut de ses deux centimètres  ; un paon qui déploie ses plumes , le petit cafard à la folie des grandeurs alors qu’il est impuissant face aux hommes qui ne manqueront pas de l’achever , que l’intention y soit ou non … 

Ah c’est bon .
Un tache sur le ciment . Aucun bruit , une mort rapide inaperçue de tous . 
Le succès n’est qu’un passe temps , lui , il n’a pas perdu le sien , non , il est mort .

J&A

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Mon cher rebut …

Posté par Amadeus le 9 mars 2011

« Through my heart , flows an unknown stream , 
It aches ,  oh god why does it hurt ?
’tis the first time I felt pain , 
Yes , in such a desperate manner ,
No sooner had you left alone , 
That my blood started to pulse ,
I was left to be mere nothing ,
Nothing more than a living corpse , 
Whose reason of living had just 
Disappeared , gone in the cold wind .

My darling , my sunshine , no more , 
No more shall you be there for me ,
To enlighten  these awful days 
To keep  harm’s hand in the distant 
To help me find my way once more .
As thou know , thus I always was , 
And thus I will always remain .
Without a ray of light as guide ,
I’ll be lost for eternity ,
A cursed  , forever and ever .  »

J’étais en train de me livrer à quelque lecture d’un roman anglais lorsque ma femme me tint à peu près ces mots :
 » Adieu mon cher , j’aurais préféré ne pas faire de vous ce rebut , mais vous l’avez voulu .  »
Il convient de dire que l’heure était bien matinale , à peine si le coq venait de se lever , et que pour comprendre les baragouinements de ma moitié il se fallait de bien tendre l’oreille . A bon entendant , je réussis tout de même à saisir les deux éléments vitaux de cette phrase sujette à discussions .
Le premier ;   »Adieu » éveilla en moi un bonheur immense , après une vingtaine d’années , pour le peu bien éprouvantes –  on prendra tous les sens péjoratifs que cet adjectif puisse donner – elle allait calfeutrer son clapet , prendre ses bagages , un vulgaire amas de tout et de rien , et partir se faire enturlipiner par autre dandy naïf afin d’évincer ce pauvre misérable . Elle avait cru pouvoir tirer parti de ma rente , mais au final c’était moi qui avait , à bon escient , tout dilapidé avant qu’elle ne mette sa main dessus . 
Ablatons le pessimisme ; j’avoue avoir été plutôt satisfait de ses performances nuptiales , mais une fois la semaines de noces passés , l’émotion procuré par le goût du nouveau fut bien prompt à disparaître . Elle parlait , elle parlait , encore et toujours de ci de là , de ça et de ci … Qu’encore elle eut de sujets intéressants à raconter , cela n’eusse pas posé d’inconvénients , mais non , c’eut été beaucoup trop facile , il fallait quelle tisse des monceaux de farfeluteries et autres farfadèteries . Pas de poésie , d’idées raisonnées .  Palabre vide : du néant , le néant lui-même . 
Bref , le deuxième élément qui retint mon attention fut ce qualificatif de « rebut » . Comment ? Quelle outrecuidance ! Elle s’osait en ces terrains ! Je m’en allait la valdinguer d’un soufflet moi ! je la mettrais dans la pègre moi ! Rebut … Elle touchait les bas-fonds ! Elle dépassait la limite de la scabreté ! Moi , me permettais-je l’audace de la traiter de débris , de déchet , de vermine , de résidu ou de déjection ? Ce n’est pas que l’envie me manquait , bien au contraire ; elle me tiraillait ,  mais j’avais , moi , le respect des convenances établies entre mari et épouse .
Comme chaque fois qu’elle se mettait à parler , elle ne se tint pas à cette vulgaire phrase , non , elle enchaina de suite avec l’explication de son départ – et en plusieurs exemplaire je vous prie – Elle était tellement absorbé en sa tâche qu’elle ne vit pas que j’avais viré au rouge d’indignation  et que je m’apprêtais à la remettre dans ses chausses , qu’elle avait bien laides d’ailleurs . Ma main vola et décrivit une courbe parfaite , un bel angle de cent quatre-vingt degrés  qui vint s’aplatir sur l’auguste joue de Madame . Un bruit sec , une petite détonation qui l’arrêta net , j’eusse été masochiste que son petit visage de jouvencelle choqué m’aurais bien plu . Mais non , je fis comme si de rien était et je remis mon fessier sur mon tabouret afin de continuer ma lecture . Le silence est d’or , mais une fois n’est pas coutume , elle rompit cette paix divine et se mit à pleurer , tel un  petit bambin qui aurait égaré sa peluche dans les méandres sinueux de sa chambre .

Je tourne ma tête et je la regarde droit dans les yeux ;
« Ta gueule »
Plus jamais ne m’a telle dérangée .

J&A

 

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Quand on nous demande de pondre une merde ou encore : Voyage

Posté par Joey le 8 mars 2011

Je suis une pièce, je suis un appartement.

Je rentre dans la salle de bain, vite fait, sans refermer la porte derrière moi. Presque aussitôt, je descends mon jean, noir, sans déboucler la ceinture (depuis que je suis petit, je ne déboucle jamais ma ceinture), puis mon caleçon, noir aussi. Avant de m’asseoir, je regarde ce que j’ai dévoilé. Des cuisses blanches, presque imberbes, de plus en plus bronzées comme elles descendent vers les genoux. Des fesses tout aussi blanches, semblables à deux tranches de lot, sans l’huile d’olive, et au  milieu une espèce de pic, avec des poils marron autour et au dessus, emmêlés et boucles.

Puis vite je m’assoies : c’est une grosse. Je pousse un peu, et une espèce de limace couleur terre de sienne, mais en plus noir, descend en ligne droite, lentement, sans se presser, vers le lac qui l’attend. L’odeur commence aussitôt à venir me taquiner. Je regarde ailleurs. Il faudrait que je lave mon miroir, il est plein de gouttes de dentifrice.

J’entends un clapotement sourd, et un peu d’eau me mouille les fesses. Mais j’ai encore un morceau de limace accroche qui ne veut pas descendre. Ah. Je pousse de toutes mes forces, en criant presque, afin qu’il se détache. Sans effet. Bon. Il va falloir l’enlever manuellement. Dommage que ça sente si mauvais.

 

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Une impression

Posté par Joey le 8 mars 2011

Voilà, à présent que tout cela est passé, la frustration de ne l’avoir pas vécu peut enfin me lâcher, me laisser vivre, hors de ce chaos qui les a pris, eux, tous ceux qui ne s’en sont jamais sortis. Mes jambes me font encore mal, de savoir ce qu’elle a pu subir, la pauvre, l’enfant, et tout ce qu’ils ont aimé. Leurs corps, ce n’était pas un rêve pourtant, là, devant moi, étalés, sans vulgarité, non, mais avec une haine féroce, teintée d’un plaisir concret, brut, resplendissant, s’ébattaient sans retenue. Dans la cour arrière de l’hôtel particulier où ils avaient installé leur lit, les graviers gémissants couvraient leurs ébats.

Eux, ils ne voient pas, eux, ils ne voient rien, ne sentent rien. Qu’ont-ils emprunté à ce qu’ils ont pu imaginer ? Je les voyais tout à l’heure, oh c’était si flagrant, s’essayer à de nouveaux jeux, des choses qu’ils ne maîtrisaient ni l’un ni l’autre, c’était navrant, charmant, beau peut-être, et si naïf ! Quand elle se mit à quatre pattes, une jambe levée, et qu’il s’allongea sous elle, cherchant, aveugle, à lui enfoncer le pieu par la brèche ouverte si vite, tout en léchant avidement la pointe de ses tétons… Ou encore, quand, tout riant, il la prit par le haut du dos, la retourna, si bien qu’ayant la tête en bas, elle s’agrippait à sa verge pour ne pas tomber, alors qu’il la retenait maladroitement… Si touchant, et pourtant si violents, ils furent un avant-goût agréable.

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Lolita

Posté par Amadeus le 8 mars 2011

Il n’en a plus pour longtemps , sur le toit d’un immeuble décrepit il s’apprête à finir ses jours . Pourtant c’est une journée comme les autres : les hommes d’affaires –  avec l’habituel costume-cravate et chapeau – grouillent dans les rues , crient , hurlent , s’épongent le front et pestent contre les malheurs de la vie qui les empêchent d’arriver à l’heure à leur lieu de travail . Mais au milieu de toute cette banalité , ce petit point si élevé va venir egayer leurs tristes vies .

Je suis au dernier étage d’une immeuble qui domine les alentours et qui m’offre une vue spectaculaire . Mais je n’ai pas le temps d’en profiter , au contraire je tourne le dos à cette vision de rêve pour face à une autre qui la surpasse facilement : Elle .

Je m’apprêtais à terminer ma misérable existence , j’étais sur le rebord ; l’extremité de mes pieds surplombait la masse qui grouillait dans les rues  . Une infime distance entre la vie et la mort . Rien qu’une legère traction de ma part vers l’avant et tout serait fini . Je lève péniblement mon pied gauche pour en finir une fois pour toutes . Un bruit de pas , je m’arrête et me retourne . C’est à ce moment la qu’elle m’apparait, comme descendue du ciel . Une aura blanche l’entoure , la fatigue sûrement . Ce sont ses cheveux qui m’attirent , couleur du soleil , leur éclat est aveuglant .Comme hypnotisé je m’approche d’elle . Ce n’est que le début .

 

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